Je me tue à le dire est une comédie noire de Xavier Seron

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Michel Peneud va mourir. Comme vous, comme moi, et comme sa mère, sauf que sa mère, c’est son médecin qui le lui a dit.
Alors elle a décidé de vivre.Et vivre pour la maman de Michel Peneud, ça veut dire nourrir ses chats, boire du mousseux comme si c’était du champagne, et aimer Michel.
Mais cet amour, Michel le trouve parfois un peu encombrant. A tel point qu’il semble soudain développer des symptômes très proches de ceux de sa mère.

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Rencontre avec Xavier Seron - "Je me tue à le dire"

Quelles sont les
Quelles sont les références du film?
Le  film  s’est  vraiment  nourri  de  toute  l’iconographie  baroque.  Par  exemple,  on retrouve  un  tableau  du  17e  de  José  de  Ribera,La  femme  à  barbe.  Il  représente  le portrait  d’une  femme  à  barbe  et  c’était  assez  étonnant. Aussi, une  peinture  d’Alonso Cano, La  lactation  miraculeuse  de  saint  Bernard qui  représente  une  statue  de  la  vierge
envoyant un  jet  de  lait  dans  le  visage  de  saint  Bernard.  Une  peinture  baroque  assez rock’n’roll pour ainsi dire. Il y a vraiment des aspects de la peinture baroque qui sont truffés d’éléments complètement hallucinants. Cela a vraiment influencé le film et cela se retrouve  également  dans  le  choix  des  musiques  du  film,  baroques  elles  aussi:  Bach,
Purcell, Haendel. C’étaient également des musiques qui étaient présentes dès le stade de l’écriture.

Aviez-vous un cinéaste en tête concernant le style du film ?
Graphiquement,  je  n’avais  pas  de  références  précises  de  cinéastes.  Néanmoins,j’aime  beaucoup  les  comédies  scandinaves,  comme  chez  Roy  Anderson  qui  pousse  à l’extrême le plan-tableau avec de très fortes références picturales. C’est le cas aussi chez  Jacques Tati. En général, j’aime les gens qui pratiquent l’humour noir, je suis un grand
fan de Bertrand Blier. Il utilise souvent des compositions très symétriques et théâtrales, qui  rappellent,  dans  un  tout  autre  genre,  Wes  Anderson  que  j’apprécie  également.Concernant la photographie du film, je me suis davantage inspiré de photographes qui pratiquent  le  noir  et  blanc  de  façon  très  contrastée  comme  chez  Daido  Moryama  et
Anders Petersen.
Pourquoi avoir tourné en noir et blanc ?
D’abord  pour  ma  passion  des  photographies  en  noir  et  blanc.  Ensuite  pour  des raisons plus organiques. Le noir et blanc permet de restituer le côté âpre des choses, la texture, la chair de quelque chose d’assez viscéral d’une certaine manière. Avec un noir et  blanc  bien  contrasté,  le  rendu  de  la  peau  est  inégalable.  Ça  permet  aussi  de  traiter
l’image de manière très graphique, en pensant moins avec des déclinaisons de couleurs,mais plutôt avec des dominantes. En même temps, paradoxalement, ça permet d’être dans  une  forme  d’abstraction,dans  une  réinterprétation  de  la  réalité.  Cela  crée  un décalage  intéressant,  car  ça  permet  de  faire  cohabiter  des  éléments  qui,  en  couleur,
n’arriveraient pas à fonctionner aussi bien. Il y a des éléments grotesques et merveilleux qui cohabitent parfaitement dans mon film et c’est le noir et blanc qui permet ce mélange de poésie et de trivialité.

JE ME TUE A LE DIRE - Bande-annonce

 

 

Michel P