De l’autre côté de l’espoir a reçu l'Ours d'Argent au Festival de Berlin

Synopsis.

Helsinki.  Deux  destins  qui  se  croisent.  Wikhström,  la  cinquantaine, décide  de  changer  de  vie  en  quittant  sa  femme alcoolique  et  son  travail   de   représentant   de   commerce   pour   ouvrir   un   restaurant. Khaled est quant à lui un jeune réfugié syrien, échoué dans la capitale par accident. Il voit sa demande d’asile rejetée mais décide de rester malgré tout. Un soir, Wikhström le trouve dans la cour de son restaurant. Touché  par  le  jeune  homme,  il  décide  de  le  prendre  sous  son  aile...

Loin du mélodrame attendu pour un tel sujet, De l’autre côté de l’espoir propose une vision drôle et délicate d’une rencontre entre deux mondes.

409507_grey

De l'autre côté de l'espoir et le monde réel

Le film prend ses racines dans notre actualité, il  nous fait partager l'odyssée d'un migrant syrien à travers son récit devant les autorités finlandaises mais aussi les difficultés du finlandais Wikhström pour se reconvertir et s'adapter à une économie mondialisée, sans oublier la menace de l'extrême droite . 

De l'autre côté de l'espoir et la comédie

On retrouve l'humour pince sans rire de Kaurismaki. On sourit devant le petit groupe que forment  le restaurateur, le portier, la serveuse et le cuistot  devant leur  incompétence et leurs étranges mines sombres. Kaurismäki tire de très belles scènes de comédie qui jouent de la ringardise de la Finlande. Mais à la farce  s'ajoute une grande bienveillance à l’égard des Finlandais et de leurs limites. On pense beaucoup à Chaplin avec ce mélange de tragique et de comique au service des opprimés.

De l'autre côté de l'espoir et la musique

La musique occupe une place de choix dans le film. Au Wall Street café ( signe des temps!!) , les rockers ont vieilli mais savent toujours chanter le blues et on garde en mémoire l’incomparable beauté des notes du saz, instrument de l’acteur et musicien Sherwan Haji arrivé en 2010  en Finlande.

 

Notes du réalisateur

"Avec ce film, je tente de mon mieux de briser le point de vue européen sur les réfugiés considérés tantôt comme des victimes objets de notre apitoiement,   tantôt   comme   des   réfugiés   économiques   qui   avec
insolence  veulent  prendre  notre  travail,  nos  femmes,  nos  logements  et nos voitures.
La création et le développement de nos préjugés en stéréotypes ont une  sombre  résonance  dans  l’histoire  de  l’Europe.  L’AUTRE  CÔTÉ  DE  L’ESPOIR est, je l’avoue volontiers, un film qui tend dans une certaine
mesure et sans scrupules à influer sur l’opinion du spectateur et essaie de manipuler ses sentiments pour y parvenir.
Cette  tentative  évoquée  ci-dessus  va  naturellement  échouer,  mais  il en reste, j’espère, un film intègre, un peu triste, porté par l’humour et un  peu  réaliste  sur  les  destins  de  quelques  hommes  dans  ce  monde  aujourd’hui."

Aki Kaurismaki

 

 

ttp34pieni-720x405

 

 

Sherwan  Haji   interprète   Khaled , un  réfugié  syrien.  Il est arrivé de Syrie en Finlande en 2010. Il a fait ses études à Damas à l’Higher  Institute  of  Dramatic  Arts.  Haji  a  joué  dans  de  nombreuses  séries télévisées en Syrie. Il a ensuite poursuivi des études en Angleterre. Outre son travail d’acteur, il a écrit plusieurs scénarii, réalisé  des  courts-métrages  et  des  installations  vidéo.  Depuis  2012, Haji  produit  des  films  à  travers  Lion’s  Line,  sa  société  de  production.  
L’AUTRE CÔTÉ DE L’ESPOIR lui offre son premier rôle principal dans un long-métrage. Dans la bande du son du film, on entend Haji jouer de son instrument, le saz. 
« Ce tournage a constitué pour moi une magnifique expérience humaine. J’ai rencontré en Aki Kaurismäki un homme franc, plein d’énergie positive. Cela a tout de suite amené notre collaboration à un autre niveau.

À la lecture du scénario, je me suis rendu compte qu’Aki ne tirait pas ce texte vers le côté technique, mais davantage vers l’émotion, le ressenti. C’était presque un poème. Certaines personnes ont un tel niveau de sensibilité face à la vie…

Je peux confirmer que la tristesse d’Aki Kaurismäki en tant qu’homme, sa vulnérabilité sont liées à l’absurdité du monde. Il y a un peu du Don Quichotte en lui. Il veut sauver ce que beaucoup de gens ont presque oublié : leur humanité.

Ce rôle n’est pas identique à mon histoire personnelle, mais je suis syrien, et je suis venu en Finlande, pays dont je ne connaissais rien – pour suivre celle que j’aime. J’ai pu nourrir ce personnage qui, en retour, m’a changé. Je l’ai senti. Des proches me l’ont dit. Je suis devenu beaucoup plus chaleureux, après sept ans dans ce pays à la météo glaciale. »

204717-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx