UNE SEMAINE ET UN JOUR est le premier long métrage d'Asaph Polonsky réalisateur israélien.

Un film entre drame et comédie qui mêle tendresse , humour et émotion. 

SYNOPSIS

À la fin du Shiv’ah - les 7 jours de deuil dans la tradition juive - l’existence doit reprendre son cours. Tandis que Vicky, sa femme, se réfugie dans les obligations du quotidien, Eyal, lui, décide de lâcher prise… Avec un ami de son fils défunt, il partage un moment de liberté salvateur et poétique, pour mieux renouer avec les vivants...

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  Quelques extraits d'un entretien avec Asaph Polonsky

QU’EST-CE QUE « SHIV’AH » DANS LA RELIGION JUIVE ?
Shiv’ah, c’est la semaine de deuil qui suit les funérailles du défunt. Sept jours pendant lesquels les parents et les amis se relaient continuellement auprès de la famille endeuillée, pour la soutenir et la réconforter. Shiv’ah s’achève le matin du septième jour. Pendant cette période, les personnes en deuil ne travaillent pas et, la plupart du temps, restent chez elles. C’est comme une parenthèse, une interruption de la vie, pour surmonter sa douleur et se souvenir.

POURQUOI AVOIR CHOISI LA COMÉDIE POUR ABORDER CE SUJET?
Comment raconter l’histoire tragique de ce couple : un père en deuil qui n’en fait qu’à sa tête et sa femme qui essaie de comprendre, de déchiffrer l’attitude de son époux ? Tandis qu’elle tente de se raccrocher à son quotidien, son jogging, un rendez-vous chez le dentiste, ses cours, lui décide de lâcher totalement prise, de s’abandonner au vide insensé que son fils a laissé et qui va lui permettre de retrouver une forme de légèreté et d’apaisement… J’avais envie de montrer l’absurdité de la situation avec humour, de poser un regard lumineux et vivant sur une histoire triste. Pour faire plus simple, j’aime passer du rire aux larmes, alors j’ai essayé de réunir les deux.

LE FILM SE CONCENTRE SUR LE PERSONNAGE D’EYAL, INTERPRÉTÉ PAR SHAI AVIVI. PENSIEZ-VOUS DÉJÀ À LUI EN ÉCRIVANT LE SCÉNARIO ?

Non. Shai Avivi est un acteur célèbre en Israël mais je n’ai pas écrit le scénario pour lui. Lorsque nous nous sommes rencontrés et qu’il a passé les essais pour le rôle, j’ai réalisé qu’il avait non seulement capté l’essence du personnage, mais qu’en plus il l’enrichissait d’une complexité et d’une profondeur inattendues

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QUELLES SONT VOS INFLUENCES MAJEURES EN TANT QUE RÉALISATEUR ? VOS MODÈLES?

Je dirais que je suis principalement influencé par le cinéma américain des années 1960-1970 et aussi par la mouvance indé qui se met en route dans les années 1980 et explose dans les nineties. Il y a quelques films vers lesquels je me tourne toujours : LE LAURÉAT, PUNCH-DRUNK LOVE, CINQ PIÈCES FACILES, CONVERSATIONS SECRÈTES, MOI, TOI ET TOUS LES AUTRES, BIRTH…

Lors de la phrase d’écriture du film, j’ai revu certains buddy movies que j’adore comme MIDNIGHT RUN, UN TICKET POUR DEUX, PRINCE OF TEXAS. Le badinage et la dynamique entre les couples sont touchants, drôles et authentiques. PRINCE OF TEXAS a été mon film de chevet pendant tout le tournage de UNE SEMAINE ET UN JOUR. Quant à mes modèles, je vais nommer ceux qui sont encore en activité : Jim Jarmusch, Paul Thomas Anderson, Eran Kolirin, Alexander Payne, Miranda July, les Coen, Jonathan Glazer et Louis C.K. Leurs œuvres sont ahurissantes de cœur et d’esprit et leur filmographie se réinvente en permanence tout en gardant une personnalité qui lui est propre.

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LA MUSIQUE DANS LE FILM SEMBLE JOUER UN RÔLE FONDAMENTAL. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE QUELQUES MOTS ?

Absolument. La bande originale mélange certaines chansons de Tamar Aphek et la musique créée sur mesure par Ran Bagno. Lorsque j’écrivais le scénario, pendant la phase de préproduction, je savais déjà que je voulais utiliser deux chansons en particulier, une pour la scène de chirurgie et l’autre pour la séquence de air guitar.  J’ai aussi demandé à un ami musicien de m’envoyer des enregistrements d’une contrebasse au son de laquelle les acteurs ont joué une scène. Finalement, cette scène est plutôt calme et la musique est absente, mais je pense que cela a aidé les acteurs et l’équipe de tourner en musique. Il fallait trouver le juste équilibre, ne pas noyer les séquences dans la musique, mais la faire intervenir de manière sélective, en fonction des situations ou décors.