Un thriller psychologique de Hubert Charuel unanimement salué .

Récompenses du film

Prix du meilleur film - Festival d'Angoulême (2017)

Prix du meilleur acteur - Festival d'Angoulême (2017)

Prix de la meilleure musique - Festival d'Angoulême (2017)

Projeté au Festival de Cannes 2017, Semaine de la Critique

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Synopsis

Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

PETIT PAYSAN Bande Annonce (Film Français 2017)

Entretien avec le réalisateur

Vous êtes fils de paysans ?
Et mes parents sont tous les deux enfants de paysans. Leur ferme est à Droyes, entre Reims et Nancy, à vingt  kilomètres deSaint‑Dizier, la ville la plus proche. Ce qui leur a permis de survivre à la crise laitière, c’est beaucoup de travail, peu d’investissements, peu de nouveaux outils, des emprunts limités. Cela signifie beaucoup d’intelligence et aussi s’user physiquement pour survivre.

Avez-vous pensé reprendre l’exploitation ?

Je connais bien le métier mais je n’ai jamais eu l’ambition de reprendre la ferme. J’y pensais un peu à chaque changement de cycle scolaire et, curieusement, c’est quand j’étais étudiant à La fémis que j’y ai le plus pensé. Je ne me sentais pas dans mon milieu. En 2008, j’ai eu un accident de voiture avec ma mère, j’ai dû la remplacer pendant six mois à la ferme. Six mois d’une discipline hyperrigoureuse pendant lesquels j’étais dans une forme physique et mentale exemplaire ! J’étais bien, je ne me débrouillais pas mal avec les vaches, le contrôleur laitier disait à mes parents : « Celui-là, il faut pas le laisser partir », et j’ai commencé à douter.

 

Reportage sur le tournage de Petit Paysan dans la ferme des parents d'Hubert Charuel éleveurs en Haute Marne

Comment avez-vous imaginé la maladie qui atteint les vaches ?
Je ne voulais pas faire un film sur la crise de la vache folle ou sur la fièvre aphteuse. Cette dernière a longtemps été un traumatisme violent pour les paysans : les vétérinaires débarquaient, ils creusaient une fosse au milieu de la ferme, ils y jetaient les vaches et ils les brûlaient sur place. On ne fait plus comme ça. Dans le scénario, on a imaginé une « fièvre hémorragique », on s’est inspiré d’une maladie qui touche les veaux, mais qui se soigne, dont l’un des symptômes est un saignement au niveau du dos. Il nous fallait un symptôme identifiable. On n’allait pas reproduire le tremblement d’une vache folle mais il fallait rendre l’épidémie visible, visuelle.

Comment transforme-t-on un film naturaliste en thriller mental ?
A l’écriture, au filmage et au montage ! Il y avait cette idée de basculer du naturalisme à une veine plus thriller, de jouer avec les codes du genre.

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