BANDE ANNONCEde WAJIB


La réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir filme avec douceur, humour et sensibilité une famille,une ville, une culture.

Synopsis

Abu Shadi, 65 ans, divorcé, professeur à Nazareth, prépare le mariage de sa fille. Dans un mois, il vivra seul. Shadi, son fils, architecte à Rome depuis des années, rentre quelques jours pour l’aider à distribuer les invitations au mariage, de la main à la main, comme le veut la coutume palestinienne du « wajib ». Tandis qu’ils enchaînent les visites chez les amis et les proches, les tensions entre le père et le fils remontent à la surface et mettent à l’épreuve leurs regards divergents sur la vie.

wajib-une-etonnante-douceur-palestinienne-a-locarno,M476502Une tradition universelle

"Au fond, le « wajib » existe un peu partout dans le monde - pour le dire plus simplement, cela qualifie votre « devoir social », les choses que vous devez faire en société et en famille. C’est le « wajib » de Shadi (Saleh Bakri) d’aider son père à distribuer les invitations. C’est le « wajib »d’Abu Shadi (Mohammad Bakri) d’inviter certaines personnes au mariage, même s’il sait qu’elles ne pourront pas venir ou s’il n’a pas envie qu’elles viennent. Le « wajib » donne un cadre à mon histoire : il me permet d’explorer une relation père-fils et aussi le fonctionnement d’une communauté, comment chacun de ses membres réagit en public et privé. Le « wajib » prend une forme différente selon les sociétés. Parfois, il peut être étouffant et même épuisant. Mais c’est aussi ce qui permet aux traditions de survivre. La distribution des faire-part de mariage en Palestine, une terre occupée depuis 70 ans, c’est capital. Je suppose que c’est comme revendiquer une identité et les contradictions qui vont avec. Il n’y a pas d’endroit plus attaché à cette tradition que le Nord de la Palestine, où se déroule Wajib." Annemarie Jacir

wajib-1-500x282Un film avec 4 personnages: le père, le fils , la Volvo et Nazareth

Mohammad Bakri et Saleh Bakri, père et fils à la ville et comédiens talentueux interprètent Abu Shabi et Shabi.

"La vieille Volvo, pleine de souvenirs, était sans doute leur voiture quand la famille était réunie et c’est tout ce qui leur reste de cette période. J’aimais l’idée de les enfermer dans cette voiture où ils seraient obligés de se parler, de s’affronter. Wajib est mon film le plus dialogué, même si ce qui m’intéressait le plus c’est tout ce que le père et le fils ne se disent pas, et ne se sont jamais dit." Annemarie Jacir


Nazareth est la plus grande ville de la Palestine « historique », aujourd’hui Etat d’Israël, dont les habitants sont des Palestiniens chrétiens (40%) et musulmans (60%). C’est la petite minorité palestinienne qui a préféré rester plutôt que de mener une vie de réfugiés même s’ils ont été forcés de prendre des papiers d’identité israéliens. Avec une population de 74 000 habitants sur une superficie réduite, les conditions de vie sont tendues, avec une forte concurrence pour le logement, une grande promiscuité entre les gens. A beaucoup d’égards, Nazareth est aujourd’hui devenue un ghetto. On appelle les Palestiniens qui vivent en Israël les « Palestiniens invisibles » : ce sont des citoyens de seconde classe, privés d’une partie de leurs droits. Mais leur démographie
est dynamique et les tensions avec l’Etat se multiplient : ils constituent ce qu’Israël appelle une « menace démographique ». Il s’agit de d’hommes et de femmes qui se battent pour leurs droits et pour des ressources limitées. Les gens de Nazareth possèdent une grande humanité, beaucoup d’humour et de désir de vie. Mais pour moi, Nazareth est une ville de survivants...

Il est important de bien comprendre la topographie de Nazareth. La ville est située dans la vallée. Mais, en 1957, une petite colonie juive a été construite sur la colline en surplomb, qu’on appelle désormais « le Haut-Nazareth ». Abu Shadi et son fils arpentent la ville puis grimpent jusqu’à la colonie, où vit Ronnie Aviv, sujet de discorde entre le père et le fils. Shadi ne s’en rend pas compte tout de suite : Nazareth s’est tellement développée en son absence que la frontière entre la ville et la colonie est moins perceptible qu’avant.

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