JEUDI 9 JANVIER à 20h45
L’ANGLE MORT 1h44 de Patrick-Mario Bernard, Pierre Trividic (France) 2019

Dominick mène une vie ordinaire, entre un travail peu palpitant et une maîtresse intermittente. Mais il a le don, depuis l’enfance, de devenir invisible. Un jour ce pouvoir se détraque...

Ce film à la fois fantastique et contemporain  nous parle de la différence, de l’engagement dans la vie et des intermittences du cœur.

Pourquoi un comédien noir dans le rôle de Dominik?

Patrick Mario Bernard – "S’il y a un geste politique  dans le film, s’il n’y en a qu’un, il est là.  La fiction dominante cantonne les comédiens noirs dans des rôles-de-Noirs: dealers, prostituées, footballeurs, jolies   filles,   femmes   de   ménage,   immigrés. En  gros,  des  personnages  qui  se  taisent,  ou qui  baragouinent,  et  des  rôles  de  deuxième  ou de   troisième   plan.   Alors   voilà   :   Dominick, le  premier  rôle,  est  noir,  et  il  a  les  problèmes de  tout  le  monde,  pas  des  problèmes-de-noir-au-cinéma.

Pierre Trividic "Eh  bien, il  est  noir  sans  raison.  Il  faudra  se  contenter de ça. Son rôle pourrait-il être aussi bien tenu par  un  acteur  blanc?  Oui.  Autrement  dit, l’équivalence marchant dans les deux sens ou dans aucun, la plupart des rôles tenus par des blancs  pourraient  tout  aussi  bien  être  tenus par des noirs. "


DIMANCHE 12 JANVIER à 16h30
LE VOYAGE DU PRINCE 1h17 de Jean-François Laguionie, Xavier Picard (France) 2019
Un vieux Prince échoue sur un rivage inconnu. Blessé et perdu, il est retrouvé par le jeune Tom et recueilli par ses parents, deux chercheurs dissidents qui ont osé croire à l’existence d’autres peuples …Le Prince guidé par son ami Tom, découvre avec enthousiasme et fascination, cette société pourtant figée et sclérosée. Pendant ce temps, le couple de chercheurs rêve de convaincre l’Académie de la véracité de leur thèse auparavant rejetée…

"Nous avons choisi la fin du XIXème siècle, une époque où jamais dans l’histoire, l’Homme ne s’est senti aussi supérieur à la nature et à ceux qui n’étaient pas parvenus, selon eux, au même degré d’évolution.  C’est le règne du progrès, des découvertes industrielles, de  l’électricité  rayonnante  et  des  expositions  coloniales  où  l’on  présentait  les  «  sauvages  »  dans  des  cages  analogues  à  celles  du  Jardin des Plantes...« Comment avez-vous fait pour découvrir la certitude ? » demande le Prince aux académiciens...  "

"Sur le plan graphique, avec Jean Palenstjin  (le chef décorateur de L’Ile de Black Mor et du Tableau), nous avons essayé de différencier le  monde  d’où  vient  ce  seigneur  et  celui  des  Nioukos.  Dans  les  récits  du  Prince,  la  couleur  est  plus  présente,  comme  dans  les enluminures. En revanche, dans le monde des Nioukos, le style est différent. Il évoquera les gravures des années Jules Verne ou de Gustave Doré.

Avec Christophe Héral  (le musicien de L’Ile de Black Mor),  nous avons choisi une expression musicale un peu décalée, en se rappro-chant des compositeurs américains des années 40, pour illustrer le « monde moderne »  Mais il s’agit surtout de sa propre musique, pleine de vie et d’invention..." Jean-François Laguionie.
Le film questionne à la fois le rapport de l'homme à la nature ainsi que la tolérance à l'égard de l'Autre dont la culture et la langue sont différentes. Un grand film d’animation pour tous.

Aff-Voyage-Prince


MARDI 14 JANVIER à 20h45
ZONA FRANCA  VOSTF 1h40 de Georgi Lazarevski (France) 2017
Zona Franca est le plus grand centre commercial de Patagonie, dans la province chilienne du détroit de Magellan. Quand les habitants bloquent les routes pour protester contre l’augmentation du prix du gaz, la bulle touristique éclate.

Georgi Lazarevski : "J’ai débarqué pour la première fois sur ce territoire il y a près de vingt ans. J’avais à l’esprit tous les livres que j’avais lus et qui racontaient les aventures extraordinaires des pionniers, des explorateurs (plus marginaux les uns que les autres) qui s’étaient succédés sur cette terre."

"J’étais habité par le mythe : le fantasme du bout du monde, celui d’une frontière au-delà de laquelle s’étendrait, à portée de main, un nouveau territoire plein de promesses. Une certaine idée d’absolu, une terre où tout serait encore possible, et qui au cours de l’Histoire a attiré comme un aimant des hommes épris de liberté. Venus de toute part, une multitudes d’aventuriers, de repris de justice, de conquérants, de miséreux en quête d’une vie meilleure y ont élu domicile. Ils ont connu des destins inégaux mais partageaient un trait de caractère : ils avaient tout abandonné derrière eux pour venir s’y installer, ils avaient rompu avec leur société, ils étaient non-conformistes. J’avais envie de partir sur leur trace."Georgi Lazarevski
Derrière la splendeur des paysages le film révèle l’histoire violente de ce bout du monde. Prix du public FIFIG 2019.