TOUT CE QUI ME RESTE DE LA REVOLUTION 1h28 de Judith Davis (France) 2019

Bande annonce


Synopsis

Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale.

Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise. Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.

Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre

revolution_aLe film est il né du spectacle que vous avez créé en 2008 avec votre troupe l’Avantage du doute ?
Nous étions partis de  la  réalité  de  cette  troupe,  constituée  de  gens  de  générations  et  de  parcours  différents, et un trait s’était tiré entre l’héritage des luttes  des  années  60-70  et  le  «  que  faire  ?  » d’aujourd’hui.  Le  spectacle  était  aussi  le  résultat  d’un  méticuleux  travail  d’enquête  pour  s’échapper  de  l’histoire  officielle  et  raconter   une   histoire   plus   intime.   Pourtant,  ayant  grandi  dans  une  famille  militante,  avec  une  vraie  culture  de  gauche,  j’étais   très   réticente   à   parler   de   cette   époque,  de  68  et  de  son  folklore.  Tout  s’est libéré quand j’ai compris que je pouvais me saisir de ce ras-le-bol. À tel point qu’après le spectacle, j’ai gardé la sensation de ne pas en avoir fini avec cette histoire.

Révolution-1-800x433Si la question de l’engagement et du politique sous-tend tout le film, cela reste quand même, et peut-être avant tout, une comédie qui explore notre époque avec bienveillance. Vous teniez à réaliser un film drôle ?

La  pulsion  de  départ  du  film  est  mon  interrogation  sur  la  manière  dont  on  vit  dans  le  monde d’aujourd’hui et sur la possibilité de se  réunir  pour  essayer  de  faire  des  choses  ensemble. Une réflexion qui peut vite devenir un peu lyrique et déprimante ! D’autant que le  constat  que  je  dresse  de  mon  époque n’est  ni  complaisant  ni  positif.  Pour  pou-voir me confronter au réel de la manière la plus  franche  possible,  j’ai  ressenti  le  besoin  de  passer  un  pacte  avec  le  spectateur.  En  passer par la comédie, c’est aussi un geste politique.  Rire  de  ce  qui  nous  arrive  fait  du  bien, nous fédère. Rire ensemble, c’est déjà le début de quelque chose.

Révolution-Affiche