LA TENDRE INDIFFERENCE DU MONDE VOSTF 1h39 d’Adilkhan Yerzhanov (Kazakhstan) 10/2018

SYNOPSIS

La belle Saltanat et son chevalier servant Kuandyk sont amis depuis l’enfance. Criblée de dettes, la famille de Saltanat l’envoie dans la grande ville où elle est promise à un riche mariage. Escortée par Kuandyk qui veille sur elle, Saltanat quitte son village pour l’inconnu.
Les deux jeunes gens se trouvent entraînés malgré eux dans une suite d’événements cruels et tentent d’y résister de toutes les façons possibles.

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Une histoire d'amour universelle?
"Oui, je pense que c’est une des ces histoires d’amour éternelles comme il en existe dans tous les pays. Chez nous, c’est l’épopée
médiévale Qozy Korpesh-Baian Sulu, ailleurs c’est Roméo et Juliette de Shakespeare. Tous ces héros ont pourtant vécu dans leurs époques et avaient leurs problèmes face à la société, mais à chaque fois l’amour l’emportait sur tout."Adilkhan Yerzhanov

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Dans le film, on voit l’extrême cruauté des personnages et du système social, relayée entre autres par les membres de la famille :
"Dans tous mes films, j’essaie de parler de notre société contemporaine. Au Kazakhstan aujourd’hui, nous revenons vers un système féodal. Comme nous n’avons rien connu entre le système féodal et le socialisme, après la chute du socialisme, ces réflexes féodaux reviennent extrêmement vite. La soumission devant ses supérieurs, la monarchie absolue, tout ça est revenu. Et tout fonctionne par clans, à travers les liens familiaux. Il faut avoir quelqu’un de riche, quelqu’un de haut placé dans sa famille pour s’en sortir. Je ne crois pas à un système vertical qui ferait les choses mal (ou peut-être dans un autre pays), mais chez nous le mal passe par la famille, considérée pourtant comme sacrée.  Je suis convaincu que c’est le sentiment de devoir familial qui prive les gens de liberté. La famille est une prison."Adilkhan Yerzhanov

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Le titre du film est emprunté à Albert Camus Pourquoi cette référence francophile?
"Vous savez, quand j’ai commencé à faire le film, je ne rêvais même pas qu’il serait à Un Certain Regard à Cannes. Le destin de 100% de mes films au Kazakhstan, c’est l’étagère, personne ne les voit. Donc j’essayais simplement de faire un film qui me plaise à moi. Ça a commencé avec Le Douanier Rousseau. J’aime énormément son primitivisme, son art volontairement naïf. Et quand on élaborait l’aspect visuel du film, on s’est inspiré de ses couleurs, de son trait, de sa sincérité un peu enfantine. Et puis une fois qu’on était parti de Rousseau, cela voulait dire que Saltanat devait aimer la littérature et la philosophie française. Et comme je suis aussi très amateur de Camus, ces références ont formé un tout cohérent. Nous avons introduit cette philosophie si poétique de Camus : la rébellion dans la fatalité.  Cela correspond à ma vision du monde. Et le film est devenu francophile, sans que j’en aie conscience."

Adilkhan Yerzhanov

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