Swagger est un documentaire tout public

Dans le cadre d'une tournée organisée par Cinéphare il sera projeté en présence du réalisateur Olivier Babinet.

 

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Synopsis

Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au cœur des cités les plus défavorisées  de  France.  Le  film  nous  montre  le  monde  à  travers  leurs regards singuliers et inattendus, leurs réflexions drôles et percutantes. En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, jusqu’à  la  comédie  musicale  et  la  science-fiction,  Swagger  donne  vie  aux propos et aux fantasmes de ces enfants d’Aulnay et de Sevran. Car, malgré les difficultés de leur vie, ils ont des rêves et de l’ambition. Et ça, personne ne leur enlèvera.

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Le titre: SWAGGER

SWAGGER (verbe) : Rouler les mécaniques - Parader - Plastronner      
     Se pavaner - Faire le fier - Marcher avec une allure fière.

Etre "Swag":

On est cool (ou hip, ou swag) par ses vêtements, par ses comportements, par ses goûts — et par sa langue.


Le terme Swagger a longtemps été utilisé dans le quartier noir américain entre la fin des années 70 et le début des années 90. Le terme est réapparu depuis les années 2000 en étant popularisé par certains rappeurs d’Atlanta et de Houston.

2_REGIS_deffile_HD                                       Régis

Selon Shakespeare:

« What hempen homespuns have we swaggering here,

So near the cradle of the fairy queen? »

« Quels sont ces rustiques personnages qui font ici les fanfarons

Si près du lit de la reine des fées ? »  Le Songe d'une nuit d'été

Selon le réalisateur:

«Quand  je  suis  arrivée  à  Aulnay,  les  gamins  utilisaient  le  mot  «swag» à  tout  bout  de  champs,  puis,  un  an  après, quand  je  lui  demande  de me parler de swag, Régis me regarde avec une moue condescendante, «C’est  fini  swag...  Maintenant  on  dit  «swaggance  »,  «  swagologue  ».. Un peu penaud, je me renseigne sur l’origine de ce mot et je vois que cela  vient  de  « swagger  »  et  que  la  première  trace  écrite  du  mot  se trouve dans le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare ! Dans  les années 50 on l’utilise pour parler de Sinatra : c’est la classe du mauvais garçon. Puis on retrouve le mot dans les ghettos américains noirs dans les années 90 jusqu’à ce qu’il arrive à Aulnay.

Je trouvais que c’était un beau titre pour mon film parce que mes héros ont cette manière de se comporter au monde avec style, ils ont tous une attitude et des choses à  défendre  :  Malgré  les  difficultés,  les  mômes  d’Aulnay  fanfaronneront toujours. Parce qu’ils ont du "swag". C’est le choc entre cette énergie de vie,  cette  fierté  balancée  à  la  face  du  monde,  confrontée  à  la  dureté de leur environnement, qui m’a bouleversé pendant les années que j’ai passé  là-bas,  au  collège  Claude  Debussy.  C’est  cette  expérience  qui  a  nourri la réalisation de SWAGGER, un film qui ne regarde pas la banlieue,mais nous fait voir le monde à travers le regard de ses enfants.»

La bande annonce

LE CLUB V.O. - SWAGGER de Olivier Babinet

Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au coeur des cités les plus...

http://www.club-vo.fr

Extraits d'un entretien avec Olivier Babinet le réalisateur:

COMMENT      AVEZ-VOUS      TROUVÉ      CETTE      STRUCTURE      DANS LAQUELLE     S’ENTRECROISENT     VIE QUOTIDIENNE,     ENTRETIENS, SCIENCE-FICTION ET COMÉDIE MUSICALE ?
Le  cœur  du  film  devait  vraiment  être  la  parole  des  enfants,  j’ai  donc commencé  par  faire  une  série  de  longs  entretiens  avec  une  dizaine  d’enfants. Puis pour structurer le film, j’ai écrit un scénario qui racontait la journée de mes personnages, des choses inspirées de leur quotidien auquel j’ai ajouté des détails tirés de leurs entretiens ou que j’ai pu observer durant mes années à Aulnay. Par exemple, les joueurs de cricket indiens, la scène bucolique façon déjeuner sur l’herbe, je les ai vus. Et d’un autre côté, j’ai tiré des entretiens, des envies ou des fantasmes que j’ai mis en scène, soit avec eux  comme  dans  la  comédie  musicale  de  Paul,  soit  en  interprètant  leurs  visions comme dans la séquence des drones du futur.

1_PAUL_HD_copyright Ronan Merot 3

                                                     Paul

LES ENFANTS ETAIENT ILS PREVENUS, PREPARES AUX QUESTIONS ?
Je ne les avais pas prévenus à l’avance des questions que je leur poserais et c’était les mêmes questions pour tous. Les enfants acceptaient donc de figurer  dans  le  film  sans  savoir  à  l’avance  ce  qui  les  attendait.  Je  voulais recueillir leur parole brute sans aucun artifice.

ILS  NE  SONT  PAS  PRESENTES  TELLES  DES  VICTIMES  (COMME  DANS CERTAINS FILMS OU REPORTAGE TV...).
Malgré  la  dureté  de  leur  quotidien  et  ce  qu’ils  peuvent  endurer,  il  fallait à  tout  prix  éviter  le  misérabilisme,  leur  donner  la  parole  d’une  manière différente en prenant le temps de les écouter. Je suis tombé un jour sur un reportage  d’une  chaîne  d’info  en  continu  sur  le  collège  Debussy  :  on  voit la grille du collège filmée de loin, trois mecs à capuche et du synthétiseur
angoissant... Une carte de France avec des zones de non droit en rouge. Mon propos politique, c’est celui de passer la grille et puis d’aller à la rencontre de  ceux  qui  se  trouvent  sous  les  capuches.  L’engagement  du  film  est  de laisser s’exprimer ces enfants et découvrir des individus. Pas une population fantasmée à qui on donne des noms fourre-tout qui suintent la peur et les préjugés : « Les racailles», « les weshs ». Je voulais qu’on se concentre sur le point de vue des enfants pour restituer ce qu’ils sont. Il y avait des adultes dans le film, des personnages de profs beaucoup plus présents mais qu’on a  finalement  beaucoup  coupé  au  montage  dans  l’idée  de  rester  rivé  aux  enfants.

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