Cinéf'îles

21 novembre 2017

Lundi 27 novembre à 20 heures 45 AU REVOIR LA-HAUT un film de Albert Dupontel

Synopsis

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire.

 

Pour cette histoire coécrite par Pierre Lemaitre et Albert Dupontel ( 9 Mois ferme), une belle palette de comédiens entoure le réalisateur qui joue également dans le film : Laurent Lafitte (Papa ou Maman ), Nahuel Perez Biscayart ( 120 battements par minute), Niels Arestrup (Un prophète) et Émilie Dequenne (À perdre la raison, Chez nous).

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Albert Dupontel donne quelques indications sur la genèse du film.
J’ ai vu dans le roman de Pierre Lemaître un pamphlet élégamment déguisé  contre  l’époque  actuelle.  Tous  les  personnages me   paraissaient   d’une   modernité   confondante.   Une  petite  minorité,  cupide  et  avide,  domine  le  monde,  les multinationales  actuelles  sont  remplies  de  Pradelle  et de  Marcel  Péricourt,  sans  foi  ni  loi,  qui  font  souffrir  les  innombrables Maillard qui eux aussi persévèrent à survivre à travers les siècles.
Le récit contenait également une histoire universelle, dans le rapport d’un père, plein de remords, à un fils délaissé et incompris.


Il explique son goût pour le mélange des genres   Ce  mélange  me  paraît  un  bon reflet de ce que je ressens dans la vie de tous les jours. Pour  le  relief  émotionnel  tout  dépend  de  la  force  d’incarnation  des  acteurs,  et  si  l’on considère  les deux  personnages  burlesques  du  film,  Labourdin  et  Merlin,  j’ai  fait  appel  à  deux  grands  acteurs,  Philippe Uchan et Michel Vuillermoz.  Le  mélange  des  genres  comédie  –  tragique repose  sur  la  justesse  d’incarnation  et  j’étais  très  bien servi  par  toute  la  distribution. 

 
Comment avez-vous abordé la question de la reconstitution historique ?
Intellectuellement, par énormément de lectures : Erich Maria Remarque,  presque  tous  ses  livres, La  Peur  de  Gabriel Chevallier, Orages d’acier d’Ernst Jünger, Les Croix de bois de  Roland  Dorgelès,  Le  Feu  d’Henri  Barbusse,  tous  les  récits  autobiographiques  de  Maurice  Genevoix,  et  pléiade d’autres livres.
Mais aussi énormément de films d’époque dont quelques-uns   revus   avec   beaucoup   d’insistance   dont   les   deux adaptations A  l’ouest  rien  de  nouveau   de  Lewis  Milestone  et Les  Croix  de  bois de  Raymond  Bernard.  Mais  aussi Les Ailes de  William  Wellman, Les  Sentiers  de  la  gloire de Stanley  Kubrick,  ainsi  que  moult  documentaires  dont  le spectaculaire Apocalyspe  1ère  guerre  mondiale dont  j’ai  sollicité  un  des  coloristes  pour  la  colorisation  de  ce  film. Puis des livres-album de l’époque dont Brassaï (on a même reconstitué une de ses photos pour la scène dite de la Place Blanche).


Comment avez-vous travaillé sur les masques ?
Avec Cécile Kretschmar, presque co-auteur du personnage d’Edouard,  du  fait  de  la  suggestion  et  de  la  création  des masques, souvent différents des descriptions des masques du livre. L’idée était de suivre la psychologie d’Edouard tout au  long  du  récit  et  d’en  trouver  l’expression  :  tristesse, ironie,  délire,  abstraction...  En  se  référant  aux  années évoquées dans l’histoire, on n’avait que l’embarras du choix tant  la  création  artistique  du  début  du  XXème  siècle  était en pleine mutation. Du cubisme au surréalisme, la prolixité de  ces  artistes  nous  proposait  un  véritable  coffre  à  jouets  dans  lequel  Cécile  est  allée  piocher.


Les couleurs
 Avec 2  coloristes  (Lionel  Kopp et Natacha Louis), on a désaturé les couleurs du film pour les recoloriser plan par plan. De plus a été rajouté un grain numérique  (500  asa  Kodak)  qui  peut  donner  le  sentiment  que le film a été tourné en pellicule. Un mensonge de plus.


La musique du film ?
La  musique  originale  est  l’œuvre  de  Christophe  Julien A noter que le thème angoissant de Pradelle se veut une disharmonie ravelienne. Pour le reste, j’ai  sollicité  la  production  pour  avoir  les  droits  de  deux  morceaux de compositeurs iconiques : Nino Rota (Raquel) pour la scène où Edouard amuse Louise avec ses masques et  Ennio  Morricone  (Suspicion)  pour  le  thème  de  Merlin. Ainsi que Fletcher Henderson pour la séquence de fête au Lutetia (Variety Stomp).

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L'auteur du livre Pierre Lemaître 

Tout  a  commencé  avec  des  lectures.  Une  lecture  d’abord  : Les croix de bois de Roland Dorgelès. Je l’avais lu adolescent, j’avais été bouleversé : l’humanité, la tragédie, l’histoire, les émotions...  tout  était  là  et  peut-être  m’étais-je  identifié  à  ces  soldats.  Si  jeunes...  À  peine  plus  âgés  que  le  lecteur que j’étais.
  Concrètement,  l’arnaque aux monuments aux morts est, je crois, fictive, le « marché des cercueils », lui, est un fait réel de l’histoire. Réel ou fictif,  je prends ce qui arrange mon histoire. Je suis romancier.

Quels seraient les mots de l’auteur pour définir le film ?
Je dirais « émotion » et « humanité ».Je  tiens  beaucoup  au  premier.  Chaque  discipline  a  ses  outils.  L’histoire  a  les  faits,  la  sociologie  a  les  études  et  les statistiques,  la  philosophie  a  les  concepts...  La  littérature, elle,  a...  les  émotions.  C’est  grâce  elles  que  le  lecteur  comprend  une  histoire.  Retrouver  des  émotions  fortes  au visionnage du film, c’est trouver (ou retrouver) ce que j’avais moi-même essayé de faire en écrivant le roman.

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Posté par cinefilesgroix à 12:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]