Le précédent message d'annonce de la projection de Otez-moi d'un doute comportait une grosse erreur ! Nous vous présentons nos excuses pour cette coquille.

La séance aura bien lieu le MARDI 3 OCTOBRE à20 HEURES 45.

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Deux grands acteurs, François Damiens et Cécile de France, deux solides seconds rôles, Guy Marchand et André Wilms, dans une comédie à la fois légère, dans la forme, et profonde quant au fond.

Synopsis:

Erwan, inébranlable démineur breton, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son  père. Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son géniteur : Joseph, un vieil homme des plus attachants, pour qui il se prend d’affection Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan croise en chemin l’insaisissable Anna, qu’il entreprend de séduire.Mais un jour qu’il rend visite à Joseph, Erwan réalise qu’Anna n’est rien de  moins  que  sa  demi-sœur. Une bombe d’autant plus difficile à désamorcer que son père d'adoption soupçonne désormais Erwan de lui cacher quelque chose...

OTEZ MOI D'UN DOUTE Bande Annonce ( François Damiens, Cécile de France - 2017)

Entretien avec Carine Tardieu
D’où est née l’idée du film ?
Elle m’a été inspirée par le récit d’un ami : à la mort de sa mère, ce Breton d’une cinquantaine d’années apprend que son père n’est
pas son père. Il encaisse la nouvelle et engage un détective qui, après quelques mois de recherches, retrouve son père biologique, un vieil homme qui habite, lui aussi, en Bretagne. Père et fils  se prennent d’emblée d’affection l’un pour l’autre et nouent une relation très forte, à l’insu du premier père.
Aujourd’hui, et pas mal de rebondissements plus tard, mon ami a désormais deux pères. J’ai trouvé son histoire tellement bouleversante que je lui ai demandé l’autorisation de m’en inspirer. 

Comme toujours dans vos films, le ton oscille entre gravité et comédie.
Il n’était pas question de traiter ces questionnements très sérieux sur le mode du drame.  «Otez-moi d’un doute» est une double comédie romantique, l’une, finalement assez classique, qui met en scène une histoire d’amour impossible entre un homme et une femme, l’autre, moins convenue, entre deux hommes un père et son fils qui apprennent à s’apprivoiser.


D’où vous vient cette passion pour les gags qu’on trouvait déjà dans vos deux précédents longs métrages ?
Sans doute d’un amour très ancien pour Pierre Richard ! Entre deux Claude Sautet, j’ai été nourrie, entre autres, aux films de Gérard
Oury et Francis Veber : « La Carapate», «Les Compères», font partie de mes références en termes de comédie. A un moment dans «
Ôtez-moi d’un doute », le regard  atterré  que  porte  François  Damiens  sur  le  personnage incarné  par  Esteban  me  fait irrésistiblement penser à celui de Depardieu sur Pierre Richard dans «La chèvre»: c’est pour moi assez jubilatoire!

 

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Pourquoi avoir choisi de situer le film en Bretagne et plus précisément dans le golfe du Morbihan et sur la rivière d’Etel ?

L’histoire de mon ami se situait dans cette région et la Bretagne me semblait propice aux secrets ,au mystère. La Bretagne a quelque chose d’ ancestral du fait de son littoral très découpé, érodé... Et puis avec ses variations incessantes, je savais que la météo de cette région serait une mine de métaphores sentimentales... Mon scénario terminé et avant d’entrer véritablement en préparation, je m’y suis rendue avec mon premier assistant et ces journées de pré-repérages ont encore fait évoluer l’histoire.  C’est en passant devant la carrière d’Elven que j’ai imaginé que le principal chantier d’Erwan aurait pour décor ces immenses cratères rocheux et dunes de sable, parsemés de pins. Ce lieu où coexistent le minéral et le végétal, l’ancestral et le sensible, est une métaphore parfaite du chantier émotionnel qu’Erwan traverse tout au long du film. Et c’est aussi en découvrant l’épave fantomatique d’un chalutier échoué que j’ai choisi de faire de Bastien  un  ancien  marin  pêcheur-jusque-là, il n’était qu’unsimple plaisancier.

Interview de Carine Tardieu, réalisatrice de "Ôtez-moi d'un doute"

La musique, composée par Eric Slabiak, joue un rôle très important dans le film.
Je tenais à utiliser le « Concerto pour mandoline», de Vivaldi, au début du film, tout à la fois empreint d’une forme d’urgence et d’une apparente légèreté: il m’avait bouleversée, enfant, dans « L’Enfantsauvage », de François Truffaut et plus tard dans «Kramer contre Kramer», un autre film sur lesrelations père/fils.Le « Papageno », de Mozart, était là aussi dès l’écriture.
Il n’a pas été facile pour Eric de trouver sa place entre toutes ces musiques classiques. Il est arrivé tôt au montage et sa force de proposition a été essentielle : c’est à force d’allers-retours entre son studio et notre salle de montage que nous avons fini par trouver un juste équilibre entre sa composition et la nôtre.Toujours dans le désir de nous inspirer de l’énergie des films de Sautet,nous avions réécouté les musiques que Philippe Sarde avait composées pour lui. Assez vite, pourtant, nous avons choisi denous en distancier: « Ôtez-moi d’un doute » avait finalement effectué une légère glissade vers l’univers de certaines comédies sentimentales des années soixante- dix/quatre-vingt–comme « Tout feu tout flamme», de Jean-Paul Rappeneau. La ritournelle écrite par Michel Berger pour ce film a d’ailleurs inspiré l’un des principaux thèmes d’«Ôtez-moi d’un doute»