WIND RIVER mêle thriller et étude de la communauté amérindienne avec un sens aigu de la narration et une belle qualité technique. Entre enquête criminelle en terrain dangereux et film de vengeance , il contourne les clichés du genre pour proposer un récit efficace.

wind_river-2-5cc3aSynopsis : Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie Jane Banner, une jeune recrue, pour élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

La réserve indienne de Wind River ( Wind River Indian Reservation) est  partagée par les tribus amérindiennes shoshones et arapaho. Elle est située au centre-ouest de l’État du Wyoming aux  Etats-Unis. Pour écrire son scénario, Taylor Sheridan a passé beaucoup de temps avec des Amérindiens et des personnes vivant dans les réserves et a ainsi recueilli des histoires « dont on ne parle jamais et que le monde ignore [...] Certains problèmes sont endémiques dans les réserves indiennes, et ils sont pourtant largement ignorés. Lorsque je me suis retrouvé en position de leur donner une voix, de les faire largement connaître, je m’y suis employé ». Il a ensuite envoyé son scénarios aux tribus vivant dans la réserve indienne de Wind River.

wind_2-cb397Note d'intention du réalisateur TAYLOR SHERIDAN

Lorsque je me suis lancé dans l’aventure de WIND RIVER, mon premier film en tant que réalisateur, je l’ai vu comme la conclusion
de la trilogie que j’ai écrite sur le thème de la Frontière américaine moderne. Le premier chapitre, SICARIO, abordait l’épidémie de violence le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, et le second, COMANCHERIA, se concentrait sur le choc entre l’immense richesse et la pauvreté dans l’ ouest du Texas. WIND RIVER représente donc le dernier chapitre, en forme de catharsis, de cette trilogie. WIND RIVER explore ce qui constitue sans doute à la fois les vestiges les plus tangibles de la Frontière américaine
et le plus grand échec de l’Amérique: la réserve amérindienne. Au niveau le plus intime, il s’agit de l’étude de la manière dont un
homme continue à avancer après une tragédie, sans arriver à tourner la page. C’est aussi, à un niveau plus global, l’ étude des conséquences nées du fait de forcer un peuple à vivre sur une terre qui n’était pas destinée à l’accueillir. Il est question d’un territoire sauvage, brutal, où le paysage lui-même est un ennemi. De terres où l’addiction et le meurtre tuent plus que le cancer,
où le viol est considéré comme un rite de passage pour les jeunes filles devenant femmes. De terres où la loi des hommes cède
devant celle de la nature. Nulle part ailleurs en Amérique du Nord les choses n’ont moins évolué au cours du siècle dernier, et nul
autre lieu en Amérique n’a davantage souffert de ces maigres changements.

Bande annonce du film WIND RIVER